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« Le buzz m’a tueR ». Ou pourquoi j’arrête.

Je suis Cyrille, trentenaire parisien, marketo-communicant, blogueur depuis 2005, et ceci est mon histoire...


Pour être franc, j’ai d’abord été tenté de créer un blog – énième geekerie – sous un pseudo – énième couardise – pour dévoiler ce que j’ai finalement décidé de te raconter ici, au fil de l’eau, épisode après épisode. L’idée de salir l’immaculée conception d’un blog flambant neuf de mes états d’âme de blogueur impudent ne manquait pas d’un plaisir pervers qui m’eut séduit à une époque. Mais la paresse liée à une certaine envie de rectifier le tir ici-même où le coup est parti, ont achevé de me rappeler que c’est dans les vieilles marmites... que l’on prend le plus de plaisir à cracher dans la soupe.

Toi qui me lis au détour d’un vulgaire accident de référencement et qui n’est pas initié à la microcosmique blogosphère et à ses égos giga-cosmiques, passe vite ton chemin mon ami. Dévisser dès le deuxième paragraphe ne t’auras jamais semblé aussi doux que de te prendre en pleine gueule les prochains chapitres d’un blogueur sur le rasoir. La soupe froide c’est pas bon, et ça fait des grumeaux.


EPISODE #1 : on s’est bien fait buzzés


Back to the future (Robert Zemeckis)

Retour en 2005. La couverture médiatique des blogs est à son paroxysme. L’évangélisateur français n°1 écrit lui-même ses posts, parle de ce qu’il connaît et n’imagine sûrement pas la veste qu’il se prendra deux ans plus tard comme conseiller spécial du candidat Sarkozy.

Bref, la blogobulle hexagonale prend forme et sent encore le savon. Le grand public comme les marques n’y voient que du feu, un blog c’est le déversoir de son impudeur. Entre photos d’amis pochés au vin rouge, recettes de poires bourrées à la vodka et chroniques d’une puberté inspirée, le blog est encore cet espace d’expression personnelle, un peu dérisoire, à peine plus respecté qu’une vielle page perso multimania ou le journal intime de ta petite cousine. Heureusement Facebook arrivera ensuite pour ce genre de facéties.

A la vitesse de l’internet haut débit, le web devient 2.0 à grande échelle et la véritable première génération de blogueurs prend ses marques, massivement soudée autour de son parangon Loïc le Meur, qui là encore, écrit toujours ses posts lui-même mais est déjà moins palpitant.

Quoi de plus ironique finalement que son démiurge et son plus égotique défenseur soit également le bourreau à retardement de l’actuelle blogomasse tricolore ? Attends. A retardement et malgré lui. Ne prêtons pas à Loïc des intentions qui ne sont pas les siennes, et encore moins une capacité de préméditation dont je ne le crois pas capable. Pourtant, c’est bien l’un des premiers d’entre nous à avoir accepté de se muter en homme sandwich, bien avant que les blogoguignols que nous sommes devenus ne soient finalement aujourd’hui sollicités pour déguster en avant-première le nouveau burger du moment…


Back to reality (Soul 2 Soul)

Attirées par la lumière, les marques ne mettent pas longtemps à investir progressivement la blogoligarchie de ces pionniers du buzz à la française. A défaut d’être plein de bon sentiment, le principe est plein de bon sens. Et surtout il a déjà fait ses preuves auprès des journalistes et des people, plutôt blasés et désormais moins « influents » auprès d’un consommateur plus enclin à céder aux sirènes de la proximité. Bingo. En langage marketing ce bon vieux Loïc est une vache à lait. Pas sûr qu’il apprécie la comparaison.

Pourtant c’est bien ce que deviennent les premières divas de la blogoscène. Téléphones mobiles, appareils photo numériques… toute nouveauté technologique passe (et reste, cela va de soi) entre les mains de ces blogueurs que l’on ne mettra pas longtemps à traiter d’ « influenceurs ». Gros mot à la consonance manipulatrice à peine masquée.

Puis tout s’enchaîne très vite. Petite rétrospective non exhaustive.

1 – (2005) Les marques s’intéressent aux 1ers blogueurs qui attirent de plus en plus la lumière (couverture médiatique du phénomène et de quelques uns) et jouissent auprès de leur communauté d’une crédibilité encore vierge de tout soupçon.

2 – (2006) Fantasme d’annonceur campé sur ses anciens clichés de l’Internet ou véritable identité de cette population d’early adopters, les blogueurs sont des geeks, et commencent donc par faire l’article de produits technologiques.

3 - La blogomania s’empare de la France bien avant la Chabalmania, avec moins de poils aux pattes mais plus de longévité. Les compteurs s’envolent, les classements s’affolent, les soirées thématiques réunissent en conclave cette nouvelle hype digitale. Et il faut avouer que ce dernier point est sans doute le plus agréable de toute l’histoire, car loin d’être une bête curieuse et solitaire, le blogueur est un animal social et particulièrement attachant.

4 – (2007) Puis c’est la montée en puissance d’une 2e génération de blogueurs parmi lesquels une espèce particulièrement « buzz-able » : les communicants. Bien installés en agence, juniors ou encore étudiants, les marketeurs et pubards font feu de tout bois. Naturellement bavards et enclins à parler des marques, celles-ci ne restent pas longtemps insensibles à leurs atouts. C’est l’explosion des opérations de buzz. Et pour cause, non seulement le marché est à point mais les blogueurs « recrutés » pour ces campagnes sont aussi les « recruteurs ». Il n’est ainsi pas rare qu’une bonne partie des blogueurs impliqués dans une opération soient salariés d’une agence concurrente…

5 - Dès lors c’est le point de bascule. Il devient valorisant pour un blogueur d’être contacté par une marque. Proche de la consécration, l’intérêt d’une marque pour un blogueur lui promet reconnaissance au sein de la communauté, donc visibilité (backlinks des autres participants), et désirabilité de son lectorat et des autres blogueurs... Je le sais, comme d’autres j’ai observé l’impact de mes premières opérations sur ma communauté.

6 - (2008) Nous sommes plus que jamais sollicités par les marques et une 3e génération de blogueurs, plus jeunes, plus beaux, plus forts et plus ambitieux aussi sont prêts à en découdre et à pousser leurs illustres prédécesseurs hors de scène. Quant au doyen de la blogoboule-à-facettes ça fait déjà un moment qu’il n’écrit plus lui-même ses billets.
De fringants templates, une politique d’échange de liens bien sentie, une communauté impressionnante et toujours prête à lâcher des commentaires à foison pour le moindre post détaillant la météo du jour. L’objectif est clair et rempli : focaliser l’attention des marques et agences de buzz. Les marques draguent les blogueurs. Les blogueurs draguent les marques. Les blogueurs bossent dans la com’. La boucle est bouclée. Attention à la consanguinité tout de même.

Au final (même si nous ne voyons pas encore le bout du tunnel) j’estime aujourd’hui que ce qui s’annonçait comme un nouveau canal de communication passionnant tant par son impact affinitaire que sa propension communautaire est sur le point d’être tué dans l’œuf par les tentations d’un marché trop gourmand. Pour rester dans les parallèles ovins, je dirais même que si le buzz ne se rationnalise pas très vite on risque de tuer la poule aux œufs d’or. Mais de l’œuf ou de la poule qui risque le plus de disparaître le premier ? Le buzz lui-même dont la course effrénée ne laisse plus le temps nécessaire à la créativité, la différenciation et paradoxalement la rareté qui en font en général un succès ? Ou le blogueur qui n’a plus le temps de parler que des derniers buzz auxquels il a prit part et lasse ainsi à petit feu son lectorat ?



Back to Black (Amy Winehouse)


Voici en substance et pour commencer, les raisons qui motivent aujourd’hui mon besoin de rehab. Voilà pourquoi cette envie de faire moduler le variateur de lumière en mode économie d’énergie après ma furtive traversée de l’incandescence ampoulée d’un nouvel eldorado qui s’appelait le buzz.

Comme dans tout bon sevrage, la sensation de manque me poussera-t-elle encore sûrement à la faute. Et comme tout bon blogueur, je ne suis ni à une contradiction ni une opportunité prêtes. Enfin, comme tout bon pervers narcissique, prêter le flanc à la critique ou, encore mieux, à la vindicte populaire, loin de m’inquiéter me stimulerais presque.

C’est pourquoi je n’arrête pas complètement - « raaaaaaaah le salaud ! » - mais prétends plutôt devenir radicalement plus sélectif.

Parce que mettre en doute n’est pas cesser de croire. Et parce que je crois toujours aux fondamentaux de mon métier qui me font penser que toute action de communication réellement créative, impliquante et honnêtement construite mérite d’être vécue.

Vivre une expérience, culturelle, ludique, sociologique, en compagnie de personnes que j’apprécie, oui. Devenir pour certains le nègre de leur client, prince du copier-coller d’un fumeux communiqué envoyé comme un os que l’on donne à ronger à son chihuahua, non merci.

Enfin, parce que mes convictions ne me semblent pas incompatibles avec une certaine forme de mise en abîme publicitaire de moi-même, à condition de cohérence et de transparence, j’ai décidé de considérer les billets sponsorisés, ou publi-rédactionnels, avec plus de pragmatisme. Leur modèle étant nettement moins hypocrite que bon nombre d’opérations de buzz, et que les méthodes de certaines agences qui en sont la cause.

Et comme j’aime bien la symbolique, cette prise de conscience s’accompagne d’une nouvelle mue de mon blog.

à suivre…

22 commentaires:

  1. Je comprends mieux pourquoi tes posts se faisaient déjà moins nombreux ces derniers temps...
    En tous cas, bravo pour le nouveau template, il est très classe (même le favicon ! ;-).

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  2. Moi j'dis juste que l'invit à goûter le dernier burger quick c'était en effet la goutte d'eau, non ?
    Bises Gros, à jeudi !

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  3. Grande classe que cet exutoire attendu. Cyrille, je te regretterai mais tu m’épates!

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  4. Excellent. Et que de bons souvenirs....

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  5. Et ben, ça dénonce là dedans. J'adore lire ce genre de chose, et me gargariser des guerres intestines.

    Sinon, j'aime bien le reste aussi.

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  6. Magnifique ce nouveau thème Cyrille ! Et bravo pour ces nouvelles prises de position (enfin je dis nouvelles...elles ne le sont pas tellement vu les articles que l'on a vu passer chez toi dernièrement, mais au moins elle sont écrites en noir sur blanc !).

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  7. Du grand chaudoit ! :-)
    Hot fingers in the nose !

    A ta dispo quand tu veux pour une 'tit' bouffe...

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  8. ... On est bien d'accords ! :o)
    Bravo pour ton template et a tres vite!







    Dis... tu peux quand meme me filer ton adresse perso pour que je t'envoie un buzz kit?
    Ok je sors =>

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  9. Rien à voir avec la choucroute ...mais comment l'est trop beau ton nouvel chez toi virtuel !!
    Bisous :)

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  10. Merci pour les encouragements sur le template, ça fait chaud au coeur. En plus j'ai même gagné un sushi dans l'affaire, n'est-ce pas Julio ;)

    Brieuc > en effet, trop de posts d'opé en retard, un blog qui devenait Paris Boom Boom like... ne t'en fais pas, Veille2Com back to basics c'est pour maintenant

    Jul' > bingo mec, mais pas que...

    Alex > moi aussi je te regretterai mon petit chou mais comme ça au moins on se verra plus pour de "vraies" raisons ;)

    Ron > what else ? :)

    Baptiste > ouais, même si mon but n'est pas d'ouvrir la boîte à gifles - on n'est pas chez Mry non plus ;p - mais plutôt de vider mon sac

    Diane > merci, et connaissant ton côté post-punk tes compliments me vont droit au coeur ^^

    Patrice > thx dude. Quand tu veux aussi, avec le Jul et DdB maybe ?

    DdB > FLB powa !

    Mathilde > j'adore ce que tu fais et ce que tu ne fais pas encore. Bisous

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  11. baptiste4:10 PM

    Très bon post mister..! On pourrait faire ensemble un article sur ra7or comment draguer une agence de buzz..

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  12. Rien a dire, Monsieur Chaudoit restera toujours Monsieur Chaudoit.

    Keep in touch, je suis de retour dans la capitale !

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  13. Intéressant. Ce que je trouve pas mal, c'est que tu ne craches pas dans la soupe (et heureusement).

    Il serait bien que certains se fassent la même démarche de réflexion.

    Mais comme tu dis, des pti jeunes arrivent et nul doute qu'ils seront porter fièrement, haut et fort, les marques comme de bons petits hommes sandwich.

    Les agences ont encore confiance en leur pouvoir de vendre la marque aux blogueurs (j'en ai eu la preuve pas plus tard qu'hier), comme on vend un sac de bonbon à un petit.

    T'en mieux pour eux, tant pis pour nous.

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  14. aucun respect pour les anciens mais c'est le jeu ma pauvre Lucette ;)

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  15. J'ai la même démarche, pour preuve je ne publie que très peu de billets et je réfléchis à l'avenir de mon blog. Certainement migrer vers une autre plate forme...

    Mais comme toi, je ne suis pas contre les bonnes opérations même si je me suis toujours restreint dans mes apparitions et l'acceptation des cadeaux ;-)

    Pour ton nouveau skin, très sympa vraiment, j'aime beaucoup.

    Au passage je travaille sur un city guide communautaire mobile et Internet avec 3 potes (sortie prévue début juin) je serais content d'avoir un retour de ta part et pourquoi pas se rencontrer dans quelques semaines quand on sera un peu plus tranquille avec la prod...

    A+ et bonne continuation.

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  16. C'est beau chez toi dis donc. Sinon, le titre, un peu over promising non ? (que celui qui n'a jamais fait un peu de marketing perso te jette la première pierre)

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  17. Superbe article j'ai accroché au staïl. Je ne connaissais pas ce blog (bouh la honte) et je l'ajoute à mon RSS. (oui le template il est jouli, même si je ne connaissais pas le précédent...)

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  18. Ticho > j'espère bien ;p (PS : j'ai toujours sous le coude la vidéo que tu m'as envoyé il y a 2 semaine... ^^)

    Baptiste > why not ? :)

    Raph > enfin !

    Renaud > je dit effectivement au début du post que je crache dans la soupe mais c'est plus pour être provoc'. Merci de l'avoir remarqué :)

    Fred > ma pauv' lucette, comme tu dis

    Vavapiolou > avec plaisir

    Eric > "over promising" ? J'adore ce que tu fais (copyright M.F ;)

    Belgian Dogs of War > merci :) Et félicitation pour le pseudo, ça claque ! ^^

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  19. Bouhhhh ta un kleenex ????
    bref no coment... ton nouveau design est top moumoute mais blog ou pas blog, mon pote tu resteras :-)

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  20. très intéressant et bien souvent juste...

    @Julio & Cyril - Hello messieurs ;-) - Pour Quick je me permets de réagir (je m'en suis occupé boooouuuuuhhhh) - Il y avait une vraie démarche pour le coup...

    On a sélectionné des mecs qui adorent les burgers et sont même des spécialistes (si si ! - Myburger & Fast&food par exemple) & ensuite on a proposé à d'autres bloggers "susceptibles" d'être amateurs de burger (et il y en a plein !) et qui voulaient se retrouver pour une soirée sans prétention...

    Lis les articles postés, tu verras que les gens ont trouvé l'initiative bonne et la soirée très sympa. Après c'est du domaine du personnel - Il y a des gens qui adorent se faire inviter par Microsoft pour tester en exclu la béta de Vista, moi je préfère un bon vieux Quick'nToast ;-))

    Nous on essaye de faire au mieux... et parfois ça ne plait pas (mais c'est l'jeu ma pauv' Lucette)...

    @ bientôt j'espère en tout cas !

    >> Très beau template effectivement, très pro !

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  21. Cyrille > j'aime bien quand tu veilles à mes droits rapport à mes expressions... et j'aime bien que tu re-postes régulièrement et que l'over promesse nous arrange bien puisque du coup on te garde :)

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