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La blogobulle va-t-elle péter ?

(...) Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi : n'y suis-je point encore ?
Nenni. M'y voici donc ? Point du tout. M'y voilà ?
Vous n'en approchez point. La chétive Pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.

Telle la grenouille de La Fontaine, la tête d'épingle que représente les quelques blogueurs français qui font aujourd'hui la pluie et le beau temps au yeux des annonceurs, et des agences qui les leur vendent comme tels, serait-elle devenue un melon tant gorgé d'orgueil, d'arrivisme et parfois même de fiel, qu'il serait sur le point d'exploser ?


Trois pistes peuvent le laisser croire...



1/ La surabondance
La quantité ne fait pas la qualité. C'est certain. Dans un sens, appliqué à la sélection de ces happy few pour les opérations tant convoitées, on ne pourrait donc reprocher aux agences de systématiquement faire appel aux mêmes blogueurs.

Mais alors le bât blesse dans la représentativité et le "taux d'usure" de ces derniers, sur-sollicités pour parler chaque jour d'un produit différent.

Appliquée maintenant à l'overdose imminente d'opérations en tant que telles, cette maxime résonne comme une sentence annonçant la fin proche de cet eldorado pour marketeurs en mal de sensation (ou d'inspiration).

L'enchaînement, voire le télescopage, des innombrables opérations rythmant leurs boîtes mails et vos Netvibes crée un bruit tel qu'il est désormais très aléatoire pour l'une ou l'autre d'émerger réellement. Le rutilant buzz déjà rendu au stade du vulgaire encombrement publicitaire ?

Et je ne parle pas du phénomène de lassitude qui s'empare d'un nombre croissant de blogueurs. Et encore moins de la fatigue suspicieuse de leurs communautés. Quant à la responsabilité des agences adeptes du copier-coller... Une mécanique, bien souvent pauvre créativement, qui en chasse une autre, à l'identique, et toujours auprès des même relais (dits) d'influence, c'est sûr, ça lasse.


2/ Les luttes d'influence
S'il y a bien un contexte dans lequel j'accepte de parler sans sourciller d'influence attribuée aux blogueurs, c'est bien dans ces querelles de clochers qui se font de plus en plus nombreuses en leur propre sein.

Une remontée gastrique. Inattendue. Pernicieuse. Aigre. Voilà l'image qui me vient à l'esprit pour résumer ce que j'observe depuis quelques temps au pays merveilleux des blogueurs heureux.

Le problème d'égo est l'essence même du blogueur semble-t-il, du moins aux yeux d'un bon nombre d'observateurs. Oui, d'observateurs, car à trop durablement admirer son nombril on en finit par perdre le recul nécessaire à tout brin de lucidité sur soi-même. Mais si tous ne peuvent prêter le flanc à la caricature, beaucoup ont atteint une sorte de nirvana égotique qui les mènent à dévoiler des comportement proches de la pathologie.

Dès lors, la crise démiurgique aigüe (nom scientifique de cette pathologie ;) peut se caractériser par le droit de vie ou de mort sur les marques, les agences, les autres blogueurs... mais aussi par quelques symptômes schizophrènes ou paranoïaques. Le blogueur invité Jekyll semble passer une agréable soirée, mais le blogueur influent Hide s'insurge contre la piètre qualité du traiteur, les photos floues, l'absence de compte-rendu, l'utilisation de son image, le ton du mail, le comportement du voisin, etc.

Les luttes d'influence s'exercent également en dehors du cocon plus tellement confortable de la bulle et s'exporte désormais en "médiacratie". Preuves en sont les réçents - et à venir - abandons des plus aguerris des blogueurs, vaincus par l'ennemi imaginaire jusqu'ici tenu en joue : le journaliste. Blogueurs influents vs. médias influents, match vraiment nul, mais la balle n'est pas au centre...


3/ La déraison
Tout cela est finalement logique, chemin faisant, la surabondance exacerbe les luttes d'influence qui conduisent aux actes stupides, signes manifestes d'une folie latente.

Jalousie, perversité, malaise, ... ? Quand le goût pour la polémique dérive vers un ersatz délatoire, des blogs faussement mutins, poubelles des potins, voient le jour, puis heureusement, disparaissent encore.

"Les secrets les plus inavouables de l'élite de la blogosphère". Une promesse qui fleure bon le détritus bon marché. Jouer les agents doubles fait rêver quand on est gosse. Mais quand on est un adulte responsable, blogueur de surcroît, donc influent, allons...


Une microbulle trop gâtée de la blogosphère française aura-t-elle raison de cette formidable aventure à force de coups marketing, de coups bas et de coups de boule ? Ton avis m'intéresse sincèrement.


POST SCRIPTUM : je suis blogueur. Sans blague.

13 commentaires:

  1. Mon vieux, j'adore quand tu écris ainsi...
    Bises ;)

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  2. Et on prend la fermeture du blog de Versac comme date historique, marqueur temps de référence ?

    Bref, je suis d'accord sur de nombreux points abordés. Mais qui dit bulle qui éclate, dit aussi retour à la raison par la suite. Enfin espérons le.

    Au passage, tu n'as pas énormément abordé le problème des blogueurs bossant en agence. Ca a à mon avis, un peu tendance à fausser la propal par moment ^^

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  3. Qu'il était bon le temps où les blogueurs disaient réellement ce qu'ils pensaient des nouveaux produits et services et cela apportait vraiment un contenu de qualité sur la toile, le web 2 quoi ! Maintenant (et on s'en doutait déjà depuis longtemps) tout cela ressemble à de vastes supports pub qui squattent les premières positions de google sur des opés que personne ne cherche !

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  4. Et que dire de l'hypocrisie du terme d'"influenceur"...

    On vend aux annonceurs des opés destinés à ces bloggueurs qui vont faire changer d'avis le conso final/lecteur moyen/mouton de Panurge lors de son achat?

    Théoriquement "influenceur" ne devrait être utilisé que pour la personne pouvant exercer une réelle influence lors du dégainage de carte bleue. Et non pas celui qui s'extasiera le plus sur le dernier téléphone high tech...

    On finira par penser plus légitimement que faire une opé bloggeur revient à se payer un publi-redactionnel dans un bon magazine... on sait qu'on aura de la visibilité, que les gens soient content ou pas, du moment qu'ils en parlent on pourra toujours facturer les posts écrits :)

    Et un jour on réalisera que la médiatisation n'est pas proportionnelle à l'influence... On regardera alors peut être du côté des travaux universitaires pour mieux comprendre ce qu'est réellement l'influence et comment l'évaluer.

    Félicitation pour le billet, un peu d'air frais fait du bien!

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  5. Je partage l'inquiétude grandissante, mais d'un autre côté je pense que cette bulle s'autoalimente et continuera à s'autoalimenter encore car où sont les frontières entre blogs de blogueurs, blogs d'agence et blogs de journalistes?... La boucle est bouclée, mais pour combien de temps?

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  6. Très Très bon ce billet Cyril.

    Moi ce qui me frappe considérablement c'est ton point numéro 1 sur la nébuleuse de bloggeurs constamment interpellés pour des Opés ! d'un point de vue extérieur, on peut presque avoir l'impression que les blogs en France se limite à une grosse 50aine de blogs... je pense qu'on en est un peu loin quand meme...

    De plus, je suis frappé par l'attitude de certains face à ses opérations. Les agences ne surestiment elles pas les individus? qui du coup se sentent d'autant plus valorisés entrainant une explosion de l'égo (voir une certaines prétention)?

    Aujourd'hui on se retrouve face à une surenchère au niveau des opés (ce qui en soit est plutôt bien) mais qui du coup en font tjs de plus en plus pour séduire et séduire ces "influenceurs" les plaçant dans un rôle de "Diva" hautaine.

    Bon je m'arrête la ^^
    PS : je suis bloggeur aussi. Sans blague.

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  7. Milles excuses, j'ai fait une faute à ton prénom...

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  8. Cohérent avec notre discussion d'hier tout ca et je vois certaines allusions pas si cachée ma foi :p
    Comme toi, je fais partie de ces blogueurs sans cesse interpellés et force est de constatée qu'une partie de la blogobulle se pourrie effectivement.
    Sachant que de l'autre coté on a pas mal de gens qui ouvrent des blogs pour recevoir des cadeaux...nous voilà bien :)
    je pense que la qualité fera la différence in fine, je l'espère :)

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  9. Les blogs des morts de faim (bref ceux qui se font payés pour faire de la pub) représentent bien ce type de population égocentré et avide d'argent vite gagné.
    Donc s'ils se tapent dessus et cancanent sur le voisin c'est normal.
    De toute façon ce ne sont pas des blogueurs mais appeaux à pub.

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  10. Merci ce billet, qui en plus d'être superbement écrit, me confirme qu'il n'est pas besoin d'être en agence pour s'apercevoir de la médiocrité et la petitesse qui vice et ronge chaque jour un peu plus la blogosphère dans son ensemble.
    Certes, il n'y a rien de gratifiant à ne pas être seul dans le dégoût des autres. En revanche, ta note sonne comme le signe et la promesse d'un autre et nouveau monde, né sur les cendres de l'ancien.
    Et ça c'est chouette.

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  11. y'aura pas de nouveau monde car il n'y aura pas de chaos. l'année se termine avec un mort. rien de plus. l'année prochaine va recommencer en septembre. Seul élément perceptible, notre rapport à l'outil du aux nombres, du à "des petits jeunes", du à la logique d'une courbe de vie. accélérée 2.0. la seule certitude de l'ouverture d'un blog est sa fermeture, le reste est aléas et masturbation plus ou moins épistolaire. rien de plus avec parfois des sourires humains. soyons lucides, restons cyniques.

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  12. BOUM.

    Il ne restera que les purs de coeurs :)
    On te voit jeudi prochain ?

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  13. Le fait que ce soit toujours les même blogueurs qui soient contactés pour les opérations offre un problème : les marques ne sont plus crédibles, pas plus que les blogueurs. Il suffit d'en parler un peu avec d'autres personnes, blogueurs ou non, pour voir le système de "blogueur corrompu" revenir régulièrement. Par ailleurs certains blogs se sont transformés au fur et à mesure : il ne reste plus qu'1/3 de contenu intéressant pour 2/3 de résumés de soirées et d'opérations. Le blogueur perd ainsi ce qui a fait sa qualité rédactionnelle et éditoriale.

    Alors certes les marques ne jouent pas le jeu (et surtout ne réfléchissent pas aux conséquences) en invitant toujours les vingt blogueurs qui vont bien mais ces derniers ont aussi une part de responsabilité. Tout le monde semble d'accord avec ton analyse mais tout le monde va quand même aux opés.

    La blogosphère est large et comme le dit Nellio, elle ne se résume pas à cinquante blogueurs. Il serait bon de s'en souvenir.

    Au final j'ai l'impression qu'un billet sponsorisé par mois va finir par moins gêner les lecteurs que des résumés de soirées dans tous les sens...

    Par ailleurs tout le monde dit ne pas aimer le mot influence dans chacun de ses articles mais tout le monde l'utilise car c'est à la mode, et surtout, encore pire, c'est le mot qui parle aux blogueurs-lecteurs. Si on se mettait à parler d'audience maintenant? ;-)

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