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Les blogueurs sont morts


Cela faisait longtemps que l'influence supposée des blogueurs n'avait plus été débattue. Avec son article La blogosphère libre existe-t-elle encore ? Gaël Clouzard, Rédac Chef de l'excellent titre INfluencia, réchauffe un plat qui s'est affadi mais qui pique toujours autant...

Comme l'affiche crânement l'entête de mon blog, je suis de la partie depuis 2005. En la matière, je ne fais donc pas partie des dinosaures mais tout de même - pour tenir la comparaison - des australopithèques du genre.

Les blogueurs sont morts, vive les blogueurs... voici pourquoi en 5 points :


Quelques vérités méritent d'être soulignées. 

"Le problème majeur du blogueur actuellement est qu’il ne blogue plus..." écrit Gaël Clouzard.
J'en veux pour preuve mon propre cas, avec ce blog qui est resté en friche de nombreux mois. Mais trêve de nombrilisme, mes "collègues" blogueurs de la première heure ne font guère mieux.

1 - le manque de temps
Pourquoi ? Car depuis 8 ans (p****n 8 ans !) l'excitation que constituait cette nouvelle forme d'expression est quelque peu retombée. Parce que depuis, notre quotidien professionnel et personnel s'est également accéléré au détriment d'un temps d'écriture incompressible. Ces explications sont vérifiées mais insuffisantes. Pourquoi encore, alors ?

2 - l'affluence "d'influenceurs"
Parce qu'il y a 8 ans la "concurrence" n'existait pas. Depuis les blogs ont fait florès et entre l'insipidité des uns et l'appétit buzzesque des autres plus rompus aux feintes SEO pour s'attirer les préférences des marques, la blogosphère est devenu un vrai bordel souvent inaudible et parfois un peu poisseux...



3 - le syndrome du sandwich
Parce que précisément, à trop attirer marques et agences, les blogueurs ont lassé.

Leurs lecteurs d'abord, qui finirent par retrouver une porosité trop forte entre éditorial et intérêts publicitaires déjà mal vécue dans la presse.

Les marques ensuite, qui s'engouffrant dans ce nouvel Eldorado de l'influence supposée de M. et Mme Toutlemonde proposèrent d'innombrables "opérations blogueurs". Quel résultat pour des opés souvent improvisées sans plus de stratégie que d'offrir un bon moment ou un nouveau produit aux mêmes blogueurs déjà vus la veille et le lendemain... ?  Un "R.O.I." indéfendable en interne, prétendant faire de l'influence mais se bornant à raisonner audience.

Les blogueurs eux-mêmes, qui se perdirent en atermoiements nés d'états d'âme fort justifiés : "Sachant que j'ai naturellement moins le temps de bloguer, et que parallèlement je prends du retard sur le débrief de toutes mes dernières opés, suis-je encore en mesure de publier sur le sujet qui me fit ouvrir jadis mon blog ?"  Oui / Non >> rayez la mention inutile.

Alors dois-je arrêter de séduire les marques ou arrêter de bloguer ?


4 - le blogueur est un homme comme un autre : c'est un gros flemmard
"La blogosphère influente fait peu à peu place à une nouvelle catégorie d’internautes « influenceurs »" nous dit alors Sandrine Plasseraud, boss de l'agence socialmedia We Are Social en France, mais surtout ex-blogueuse, elle aussi, de la première heure.

C'est ainsi qu'en effet, les Facebook, Tumblr ou autres Twitter et Instagram ont peu à peu offert une alternative aux blogs. Que l'ancienne garde s'est progressivement tournée vers ces nouveaux outils plus souples et rapides à actualiser. Et qu'une nouvelle population de prescripteurs a pu également se faire entendre.




5 - le blogueur est un usurpateur
Le blogueur est une espèce en voie d'extinction car perverti par le système marketing dès son éclosion. Ou comment tuer la poule aux oeufs potentiellement d'or, en dupliquant fissa les vieilles recettes de communication de peur de laisser la place à d'autres et sans prendre garde aux effets pervers d'une précipitation si court-termiste.

Mais combien de blogueurs - notamment en France - ont-ils vraiment tenu ce rôle de contre-pouvoir dont on les affuble depuis le début ? Un contre-pouvoir vis-à-vis des marques et de leur communication, oui. Dès lors il n'est pas étonnant d'observer l'empressement de ces dernières à les "récupérer". Après, entre le fond et la forme...

Mais un véritable contre-pouvoir citoyen, voire politique comme dans ces pays où la liberté d'expression n'est pas un bien qui se marchande mais une arme de libération ? Ou comme ces blogueurs souvent anglo-saxons qui sont vraiment capables de mettre une marque à genoux tant leur propos sont fouillés, documentés, argumentés et surtout sans concession ?

Enfin, le blogueur est un usurpateur car tel le caméléon il passe allègrement d'un outil à l'autre pour toujours occuper le terrain mais surtout à moindre effort. Vive le Retweet, vive la curation de contenu. A ce rythme le fameux 1% de producteurs de contenus risque de fondre plus vite que la calotte glacière un jour d'été. Théorie que semble contredire le baromètre 2013 de Technorati, donc fair-play je vous en livre le lien :)


Voilà pourquoi Gaël a raison, voilà pourquoi les blogueurs sont déjà de l'histoire ancienne, mais voilà aussi pourquoi les blogueurs sont toujours là, sous d'autres formes, d'autres plateformes. Et voilà donc pourquoi nous devons tous faire en sorte de ne pas  reproduire (une fois de plus) les mêmes erreurs. Enfin, je pense.

Cyrille - blogueur et communicant (sic)  

4 commentaires:

  1. Tant les blogueurs (pro ou du dimanche et ce n'est pas une insulte que de dire cela) que les lecteurs sont devenus paresseux.

    Certains blogueurs "pro" font faire leur articles par des stagiaires ou des freelances trouvé sur Fiverr ou d'autres plateformes. Bah, oui, c'est dur de tenir le rythme...

    Certains blogueurs du dimanche ne repartagent que des liens Scoop.it sans même ajouter un petit commentaire. Intérêt ?

    Les lecteurs préfèrent mettre un like, un +1 ou faire un retweet que d'aller commenter l'article original. Trop fatiguant.

    Enfin il est tellement plus facile d'avoir 500 amis sur Facebook que d'avoir 20 lecteurs de son blog abonnés par RSS ou e-mail. Alors pourquoi s'embêter ?

    Et pourtant, que les échanges sont plus enrichissants sur un blog, par commentaires interposés, que de simple likes...

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  2. Etant une "petite nouvelle", active uniquement depuis 2 ans, il m'est bien facile de trouver cette analyse plus que pessimiste, cependant:
    le temps, ça se trouve, ou du moins, ça s'optimise en ayant une fréquence maîtrisée et réaliste;
    l'influence peut-être un moyen, mais sûrement pas un objectif;
    cf. point 2, il y a un fossé entre répondre à l'invitation des marques et aller forcément dans leur sens;
    personnellement, les réseaux sociaux constituent plutôt un moyen de promotion ou de diffusion des contenus produits sur le blog qu'une alternative;
    puisque j'ai pris le temps de commenter cet article et malgré le fait que je "cure le contenu" des autres, je mets un point d'honneur à apporter ma pierre à l'édifice en étant mon propre porte-voix, sans langue de bois...

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  3. Intéressant...mais je pense qu'il faut aussi séparer le bon grain de l'ivraie et comparer ce qui est comparable. Dans la beauté, la mode, le cooking, la déco, l'univers bébé/maman...un blog est à peine lancé que tous les annonceurs leurs ont déjà balancé des valises de produits (bien aidé en cela par les plates formes d'agrégation qui boostent artificiellement l'audience de tous ces blogs). Mais il reste quand même des bloggeurs (pas seulement journalistes) qui peuvent toujours combiner liberté de parole et de jugement, audience voire influence. Ou suis-je dans le monde des bisounours...?

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  4. C'est évident que mon billet ne peut laisser insensible. Surtout le titre.

    Je vous invite toutefois à bien dissocier le fond et la forme.

    Comme je le signe, je suis des 2 côtés de la barrière. Et depuis longtemps. Je pense donc à la fois avoir le recul nécessaire mais aussi être directement concerné par l'auto-critique.

    Et oui il est toujours plus sage de s'abstenir de faire des généralités, mais je parle de tendance.

    JB tu sais bien que le phénomène concerne bien plus que quelques thématiques (très féminines d'ailleurs dans tes exemples...). En revanche j'accorde à tous que je force volontairement le trait sur la liberté de parole. Mais le but de ce billet n'est-il pas de faire vivre le débat ?

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