Quand vous lancerez votre start-up

La création d'entreprise semble n'avoir jamais été aussi dynamique en France depuis quelques années. Si vous aussi songez à lancer votre propre business, et a fortiori si celui-ci flirte avec l'innovation digitale, les 3 conseils qui suivent sont pour vous : 1/Faites-vous aider, 2/Soignez votre "Pitch", 3/Restez simples (à lire ci-dessous).


***** update du 6 janv.2014 / nouvelles sources en fin d'article *****

Avant-propos : le goût d'entreprendre

Fruit d'un "ras-le-bol" ambiant envers les grosses structures ou simplement envers son boss ? Opportunité née de la loi de modernisation de l'économie (LME) de 2008 avec l'explosion des auto-entreprises ? Ou effervescence créatrice extraordinaire née de la révolution digitale comme ce fût également le cas fin XIXe avec la révolution industrielle ?

Il y a sûrement un peu de tout cela et plus encore dans la tête de celles et ceux, toujours plus nombreux, qui décident un jour de se "mettre à leur compte". Ayant moi-même créé ma 1ère entreprise en 2005 (suivie d'une 2e en 2012), je ne compte plus - depuis - les amis, connaissances ou anciens collègues s'étant lancés à leur tour, après plus ou moins d'années passées au service d'employeurs divers et variés par la taille et le marché.

Au-delà de l'impression, les chiffres officiels en témoignent, même si les dernières tendances observées par l'INSEE mais aussi par l'APCE (Agence Pour la Création d’Entreprises) indiquent une tendance stable à la baisse sur 2013 (de 0 à -3% à sept./oct.) avec tout de même plus de 40.000 entreprises créées en moyenne par mois (1/2 moins hors auto-entrepreneurs).


Or, au-delà de l'envie, du courage, de la foi inébranlable en sa propre capacité à franchir des montagnes, de l'idée à faire germer, ... lorsqu'on se lance, on est encore souvent trop seul(e), pour penser à tout, savoir tout faire, pouvoir tout financer, prendre du recul, etc.

C'est pourquoi je vous propose modestement ce condensé de 3 conseils, simplement croisés au gré de mes derniers clics mais avec lesquels je suis suffisamment en phase pour à mon tour vous les faire partager. Alors bonne lecture, bonne réflexion et surtout, bonne aventure !

1. Faites-vous aider

Que ce soit en matière de conseil ou de financements, on a trop souvent tendance à passer à côté des opportunités mises en place pour soutenir la création. Certains n'y verront qu'un verre à moitié vide - je le sais - mais les vrais entrepreneurs malins sont ceux qui sauront s'enthousiasmer et tirer parti de ce verre à demi plein.

Alors que notre, votre, ministre Fleur Pellerin a annoncé la création du label "French Tech" visant à aider 1000 start-up par an avec une enveloppe de 215 millions d'euros (Figaro du 28 nov.2013), Antoine Vialle (serial entrepreneur comme il se définit lui-même) propose gratuitement une "carte" des aides
et financements de votre entreprise innovante en France
.


carte des aides et financements pour entreprise innovante - Antoine Vialle - metro-startup.com
entreprises innovantes :
trouvez votre chemin dans la jungle des aides et subventions

Même si "l'argent ne fait pas le bonheur" dit-on, il est bien utile au démarrage. En revanche il est vrai qu'il ne suffit pas à prendre du recul, comprendre comment nait, vit et parfois meurt une start-up, à vous ouvrir les bonnes premières portes. Bref, à être un entrepreneur ouvert et donc plus efficace.

Pour cela, de nombreuses structures publiques, privées, ou un peu des deux, proposent de vous accompagner. Du mentorat à l'hébergement, de l'incubateur (ParisTech Entrepeneurs...) à la pépinière (Numa > nouvelle émanation de Silicon Sentier s'appuyant entre autre sur la Cantine et le Camping, ...) en passant par les "programmes" (les Start-up Week-ends powered by Google, Startup Factory à Nantes...) , chacun y va de sa boîte à outils, de ses conseils et de ses réseaux pour jouer le rôle d'accélérateur pour votre start-up.

Et si vos ambitions sont (au moins) européennes, rassurez-vous, le blog Tech.eu vient de recenser 100 startup accelerators accross Europe ! Et le Wall Street Journal place même l'Europe de l'Ouest en tête des régions du globe en matière d'investissements en capital risque pour les entreprises technologiques ces 10 dernières années. La France y prend la 7e place (derrière l'Irlande, mais devant l'Allemagne).


2. Soignez votre "Pitch"

Qu'il s'agisse de convaincre votre grand-mère ou un parterre d'investisseurs, souvenez-vous que l'on a rarement deux fois l'occasion de faire une bonne première impression. Quand vous voyez une bande-annonce au cinéma, vous savez en quelques secondes si vous avez envie de télécharger d'aller dépenser de l'argent pour ce film.

Vous n'avez que quelques minutes pour donner envie de vous croire, de vous suivre, de miser sur vous, que ce soit en vous finançant ou... en vous achetant. Regardez (cliquez) le professionnalisme avec lequel d'autres entrepreneurs amateurs comme vous se mettent en scène sur les plateformes de crowdfunding comme Kickstarter, Indiegogo et consorts.

Pensez "pitch elevator". Ces quelques minutes durant lesquelles vous vous trouveriez nez-à-nez avec le patron du client de vos rêves, dans un ascenseur, occasion à ne pas rater pour qu'à la fois il comprenne, s'intéresse et finalement marque l'envie d'aller plus loin avec vous...

Certains sont naturellement plus doués pour ce type d'exercice que d'autres. Ok. Néanmoins il existe des techniques, des point indispensables, des dénominateurs communs à toutes les présentations qui ont un jour fait mouche. En voici une sélection parmi lesquelles celles de Facebook, Airbnb, Foursquare... ainsi que des conseils pour devenir un ninja du pitch, sur Bestpitchdecks.com.

les meilleurs exemples de pitchs par bestpitchdecks.com
les meilleurs exemples et conseils pour votre pitch

3. Restez "simples"

Un conseil si "simple" lui-même qu'il semble tomber sous le sens. Mais croyez-moi, tout se passe si vite que l'on peut rapidement être débordé et oublier quelques éléments de bon sens.

Loin des innombrables conseils en marketing, gestion, stratégie commerciale, lean management, etc. qui pullulent dans la littérature et sur le web, je voulais simplement partager avec vous 2 retours d'expérience. Simples, directs et concrets.

Tout d'abord, les 9 conseils de Fany Péchiodat, fondatrice de MyLittleParis revendue à Auféminin pour 30 à 50 M€. L'article peut faire sourire ou agacer par son angélisme (les 9 conseils se tiennent mais on se doute qu'une telle valo tient à d'autres choses également) mais le buzz qu'il a fait sur les réseaux (près de 500 partages en 3 jours depuis la publication des Echos) en fait un témoignage à connaître.

Enfin, cette "leçon" de Bill Gross que j'ai vécue en live à LeWeb 2011, simplement intitulée Learning from failure. Car, oui, on échoue aussi. Et c'est sans doute même la meilleure façon d'apprendre à réussir. Et le patron d'Idealab de résumer humblement mais avec une efficacité redoutable 20 ans d'échecs en 20 minutes. Croyez-moi ça vaut le détour. Prenez des notes.



Et pour continuer votre lecture ou nourrir votre  veille

Paris (In)novateur de start-up
Maddyness le magazine des startups françaises
My start-up in Paris, pour les parisiens...
La Cantine by Atlantic 2.0, pour les nantais...
Rude Baguette la scène "startupienne" FR vue par Liam Boogar 


***** update du 6 janvier 2014 *****

58 things I learned at Y Combinator : Amir Elaguizy est le créateur de Cratejoy, un outil de création & gestion d'interface marchande pour *-box en tous genres et qui sera lancé prochainement. En plus d'avoir revendu sa 1ère boîte à Zynga, Amir a fait un tour par le Y Combinator.

Le Y Combinator ("YC") est un fond d'amorçage US créé en 2005, qui propose en outre un programme favorisant les rencontres et échanges entre fondateurs et investisseurs, VC's comme Business Angels. Plus de 600 startups ont déjà été financée parmi lesquelles Scribd, reddit, Airbnb, Dropbox, Disqus...

Les 58 "trucs" qu'Amir garde en mémoire de son passage au YC sont riches d'enseignements et corrobore les 3 principaux points développés ici dans ce post. Voici quelques morceaux, pour le reste lisez son article !

- Ask for help (rather than try to have all the answers)
- Almost everyone’s company looks great on the outside
- The team will fall apart if it can
- The more stability the rest of your life has, the easier you'll deal with the massive instability of a startup
- Real businesses have customers
- If there is no competition you’re probably screwed.
- Stop dancing around the thing and say the thing 

5 commentaires :

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

Bonjour Cyrille,

Merci pour la référence à mon poster, et content que cela serve aux start-uppers !

Et bravo pour votre blog et pour ce post très complet, et qui donne envie de (re)créer une entreprise.

A bientôt,
Antoine Vialle.

Merci Antoine pour votre commentaire et pour votre super boulot avec ce poster !

De nos jours avec la situation économique, il n'est vraiment pas évident de créer une structure "from scratch".
Je suis d'accord sur le fait que ton post donn e vraiment très envie mais à coté de ça c'est vraiment un travail colossal :)et parfois pour rien !

Bonjour Alain, merci pour ton commentaire. En effet, cela a toujours été compliqué pour chacun(e) de "lâcher la proie pour l'ombre". Aujourd'hui peut-être encore plus en raison de la situation économique.

Toutefois, il n'a jamais été aussi "facile" de trouver des soutiens, logistiques et/ou financiers pour se lancer. Et les récentes disposition de Fleur Pèlerin (sans faire de politique) vont dans le sens d'une ouverture à tout type de business (car c'est surtout vrai pour les start-up techno jusqu'ici).

Quand à l'échec, nous avons une culture très éloignée de celles des anglo-saxons qui avant de te soutenir te demandent combien de fois tu t'es planté pour être sûr que tu as gagné en expérience et maturité... Il faut que l'on apprenne à accepter d'échouer à la condition de s'en nourrir pour bâtir quelque chose d'encore + fort après.