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vous accompagner dans un monde en transition

parce que la métamorphose de notre société s'accélère au rythme de l'innovation digitale


convictions

Nous vivons un changement structurel de notre société. Le refuser c’est se condamner. S’en emparer, c’est assumer sa condition humaine et en garder une certaine maîtrise...

Ce que nous appelons la "révolution digitale" est une réalité qui cache la transformation plus globale et profonde de notre civilisation. L'homme comme l'entreprise doivent comprendre ce nouveau monde qui s'ouvre pour y réinventer leur rôle.

Profile

Cyrille Chaudoit

Resume

Cyrille Chaudoit

Digital minded since 1998.

Chief Digital Officer : The LINKS
Co-founder : TalenCo
Ex-CEO/co-founder: Scanblog
Speaker: quelques références
www.cyrillechaudoit.com

le partage commence ici

quelques idées, convictions, et interventions à venir ou passées


Pour mener une réflexion sur la place de l'humain


[update du 23.08.2016]

Bienvenue, et merci de votre visite !

Que vous arriviez ici par hasard, sur les conseils de quelqu'un ou après avoir vu mon talk du Web2Day (live ou replay sur Youtube), sachez que vous êtes de plus en plus nombreux... et puisque ce sujet requiert le plus grand nombre d'entre nous, soyez les bienvenus et merci de votre visite !

Ma proposition est simple et honnête : créer et fédérer un mouvement de réflexion sur la place de l'humain dans la société technologique de demain.

Nous sommes tous au cœur d'une transformation majeure de notre société, annonciatrice d'une évolution sans précédent de notre civilisation et probablement de notre espèce. J'invite simplement chacun(e) à une prise de conscience individuelle, pour ensemble peser sur les décisions politiques et industrielles à venir qui détermineront socialement, éthiquement et philosophiquement la place future de l'humain face à la machine (Intelligence Artificielle).

NB1 : vous pouvez retrouver mon intervention au Web2Day 2016 en vidéo ci-dessous (desktop only).
NB2 : je mettrai bientôt en ligne l'intégralité de mes notes ayant servi à préparer ce talk (en cours de ré-écriture pour une meilleure lecture).

Que vous soyez intéressés par ces notes ou pour nous rejoindre au sein de ce collectif de réflexion sur la place de l'Homme face au doute d'une aliénation de notre humanité par la technologie, renseignez simplement le formulaire ci-dessous. C'est gratuit et garanti sans 100% naturel...



L'énergie du changement

Dans quelques décennies, les manuels d'histoire décriront la Silicon Valley comme "l'usine" à changer le monde. Un catalyseur d'où seront non seulement sorties les idées qui refaçonnèrent notre quotidien, mais aussi les nouvelles méthodes pour les accoucher et les faire croître.

Design thinking, open innovation, crowdfunding, accélérateurs...  Une révolution majeure se reconnaît peut-être à ceci que la fin justifie les moyens. Qu'une nouvelle vision du monde requiert de nouvelles conditions pour se réaliser. La question centrale serait alors la suivante : un système établi peut-il réellement et structurellement se transformer de lui-même ?

En génétique, nous parlerions davantage de mutation. Les mutations sont à l'origine de ce que nous sommes. Elles sont la condition de notre évolution. Or cette modification profonde de ce qui nous définit en tant qu'espèce, nos gènes, se manifeste par un changement brusque et d'emblée héréditaire d'un ou plusieurs caractères.

Et quoique aléatoire à l'état naturel, ce phénomène - rare, donc - peut toutefois être favorisé de l'extérieur par des "agents mutagènes". Ces derniers pouvant eux-mêmes être naturels et donc témoigner d'une (in-)adaptation de l'espèce à son environnement (l'intensité des rayons UV et la couleur de notre peau, par exemple), ou créés et témoigner alors d'une volonté plus ou moins fortuite d'agir (les effets secondaires de certains médicaments ou produits chimiques, par exemple). 

Ainsi, selon mon raisonnement, la révolution qui s'opère actuellement - et dont l'épithète "digitale" masque tout un pan de la réflexion commune - est une mutation. Et serait mieux comprise par certains si elle était expliquée comme telle.

Le génome de notre société est en cours de réécriture. Cela signifie que notre société change à jamais. et jusqu'à la prochaine fois. Sa mutation est provoquée par son obsolescence et donc désormais son inadaptation à son écosystème : nous.

Les agents mutagènes venant accélérer le processus endogène (la réflexion de l'Homme sur son sort, à la fois cause et conséquence du système en question) sont pour certains naturels - comme la raréfaction des ressources par exemple - et d'autres, créés :
- la technologie numérique (la "molécule"),
- la fameuse "Uberisation" provoquée par certaines startups (les effets secondaires du "médicament"),
- les accélérateurs, les nouveaux modèles de travail, d'innovation, de financement... (les "adjuvants" )

Reste à statuer sur le déterminisme de cette mutation, et aux risques du génie génétique, si je puis dire...

Premièrement (comme en génétique) elle peut être naturelle (mais très rare et longue à se déclarer), accidentelle (effets secondaires) ou programmée (OGM). La mutation d'une civilisation est-elle "simplement" la conséquence d'un / plusieurs évènements ou s'organise-t-elle plutôt, même inconsciemment ?  

L'évolution de notre société marquée par la diffusion des connaissances à l'ère de l'imprimerie fut-elle juste la conséquence fortuite d'une invention certes pratique mais promise à un destin plus modeste ou au contraire présida-t-elle à la démarche même de Gutenberg ?

Deuxièmement, si les investisseurs sont comparables à des mutagènes volontaristes, il me semble prudent de rappeler que tous les "mutants" ne sont pas forcément souhaitables... Or, l'explosion du nombre d'investisseurs (y compris depuis la 1ère bulle début 2000), combinée à la diversité de leurs motivations (B.A., accélérateurs, VCs, Industriels...) et aux volumes impressionnants de liquidités disponibles donnant lieu à des valorisations surprenantes (tendance "licornes"), sont autant d'indices qui me poussent à croire que des caractères inattendus et non souhaitables menacent cette mutation.

Comme par exemple l'innovation influencée par le ROI favorisée au détriment d'une recherche plus fondamentale et donc moins commerciale mais plus structurante. Ou encore la population croissante d'entrepreneurs et de leurs équipes mus par l'image d'une aventure moderne, libératrice et accessible, qui risquent de se retrouver au tapis faute de place pour tous, même après un premier tour de table prometteur encourageant.

Enfin pour conclure, cette métaphore génétique pour parler de la transformation de notre société (système économique, social et politique) semblera simpliste voire incongrue à certains. Mais avec la prochaine vague de cette métamorphose, l'allégorie de la mutation prendra alors son sens premier.

Je parle du "post-humanisme" auquel nous conduisent les plus grands acteurs du numériques (GAFA en tête), par idéologie ou par intérêt (économique ou politique). Qu'il soit augmenté ou remplacé par une Intelligence Artificielle diffuse ou humanoïde, l'Homme n'étant qu'un élément de la société qui a déjà entamé sa mutation est le prochain sur la liste. A suivre, donc...     



[Tribune] La data sauvera la relation client

Pour ouvrir l'année 2016, CM-CIC Investissement m'offre le privilège de partager mon point de vue dans sa lettre investisseurs. Le thème ? L'influence de la technologie et plus particulièrement de la data dans la réinvention du commerce.

Le PDF de l'article est disponible dans ma revue de presse ici, et sa version longue ci-dessous.


Le marketing, science sociale, science molle, est en train de se durcir. Le client n’a jamais été aussi complexe à saisir. Entendez par là autant à comprendre qu’à capter. L’univers des possibles auquel il fait face est en expansion permanente. L’offre d’abord, depuis la révolution industrielle. Les outils pour y accéder et la choisir ensuite, depuis la révolution digitale.

Les combinaisons sont exponentielles, et le client lui-même s’y perd. Riche de pouvoir choisir mais appauvri en points de repères. L’infidélité fait gagner en liberté ce qu’elle fait perdre en stabilité des sentiments. L’exigence de réassurance passe alors par une personnalisation et une relation client irréprochables, dès les premiers contacts avec l’enseigne ou la marque.

Cela requiert finalement un retour aux origines du commerce. Étymologiquement. Car « commercer » évoque d’abord les échanges entre les hommes (« transvaser »). Avoir des relations avec autrui.

Le commerce est donc avant tout une relation sociale qui nous plonge dans le plaisir du rapport à l’autre. Au XIXe siècle, avec la révolution industrielle, la terminologie commerciale se pare d’une notion d’intérêt marchand impliquant un rapport de force fondé sur une relation de domination (Communication & langage – Histoire sémantique, « Ce que commerce veut dire » - JP Sélic). Donc le commerce est par définition intangible, de l’ordre de l’émotion qu'il crée à travers sa relation induite…

Dès lors, comment la technologie pourrait-elle réchauffer, en quelque sorte, ces échanges entre hommes, là où d’aucuns lui reconnaissent plutôt la froideur de la précision nécessaire aux traitements et analyses de précision ?

Le principal écueil à éviter en matière de « transformation digitale » est d’aborder le sujet au pied de la lettre, au risque de se focaliser sur l’outillage là où prime la réinvention de l’expérience client. Le digital est un moyen, pas la finalité. Et en l’occurrence, un moyen imbattable pour augmenter la valeur perçue d’une relation client – marque/enseigne.  

La connaissance client, clé d’une relation durable.
Proposer la bonne offre au bon client. Être time to market. Un lieu commun ? Pourtant, qui peut se targuer de connaître, mieux, de comprendre parfaitement son client ? Nous passons d’une ère de R&D orientée produit, à celle du test and learn orienté client. Des cycles plus courts, plus itératifs, partant d’un usage client, à l’endroit où des chefs de produits aidés d’ingénieurs rêvaient de « créer le besoin ».

Nous pratiquons les mêmes études de marché « modernes » depuis le début du XXe siècle... et Machiavel pratiquait déjà l’ethnographie au XVIe ! Alors que nous pouvons désormais suivre faits et gestes en temps réel sur des échantillons si massifs qu’ils peuvent parfois atteindre la population cible (Big Data).

La connexion permanente de l’homo-economicus permet déjà de tout savoir de son surf, de ses trajets géo-localisés, de ces centres d’intérêts sur les réseaux sociaux, de ses contenus favoris à la TV, de ses habitudes de consommation sur les sites marchands, de ses opinions sur les forums ou les blogs… Une mine d’informations à ciel ouvert pour modéliser statistiquement un comportement de sorte à tirer de cette analyse (factuelle et non plus seulement déclarative) ce qui plaît et ce qu’il manque à son consommateur. Et ainsi d’ajuster à la fois son offre, ses services associés et la communication.  

« La reconnaissance est le paiement du pauvre » (proverbe indien).
Si la reconnaissance ne coûte rien, pourquoi alors est-elle depuis si longtemps réduite par les marques à son plus petit dénominateur commun : le programme de fidélité ? L’attachement peut-il se réduire à un cumul de points ouvrant droit aux mêmes avantages que chez tous les autres ?

Pourtant, les attentions les plus simples peuvent renforcer des liens si complexes à tisser et devenus si fragiles à maintenir. Cela relève de l’expérience que l’on offre à son client quand il nous accorde son attention et donc son temps. Proposer l’auto-complétion d’un formulaire ou une organisation personnalisée du contenu sur son site web peuvent sembler dérisoires et pourtant en faciliter l’usage pour votre utilisateur. Il s’agit alors moins de l’impressionner que d’éviter de lui laisser une mauvaise impression…

Le sentiment de considération dépend alors directement du second sens de la reconnaissance: l’identification. En la matière, c’est sans doute du côté de la publicité que les récentes avancées sont les plus marquantes. Depuis la pub online ciblée en temps réel et en one-to-one (programmatique) jusqu’aux panneaux d’affichage capable de détecter sexe et âge pour adapter le message de l’annonceur, la volonté est la même : optimiser le ciblage et donc le ROI de sa campagne. Tester et ajuster son film publicitaire peut même s’envisager aujourd’hui en fonction de son impact sur les recherches générées à partir de Google (service Google Brand Lift), véritable indicateur de performance devenu inéluctable dans un parcours d’achat (« Zero Moment of Truth »).

Le client empruntant désormais ce parcours d’achat omnicanal, le pont entre monde digital et monde physique n’est plus un choix. Comment répondre à cette nouvelle exigence d’une expérience client fluide et personnalisée alors que le niveau de reconnaissance en point de vente ne serait pas au moins égal à celui d’un site web ? C’est pourquoi, notamment, la technologie des Beacons (émetteurs/récepteurs communiquant avec votre smartphone en bluetooth) est promise à un bel avenir. Le client ayant débuté son parcours d’achat sur le web est identifié à son arrivée en magasin et peut ainsi le poursuivre avec les mêmes avantages en termes d’usage que s’il était resté online (compléter son panier d’achat commencé en ligne, bénéficier d’un conseil personnalisé de la part du vendeur, etc.). Allez voir ce que fait Bealder par exemple.

Être séduit par un e-mail, se rendre en boutique et perdre son temps par une phase découverte inutile du vendeur, acheter néanmoins, puis être victime d’un re-targeting publicitaire envahissant vantant à nouveau le même bien… Cela n’est plus acceptable pour le client, et pourtant rares encore sont les entreprises sachant consolider les informations de tous ces points de contact sous un même identifiant client. Beaucoup n’en sont encore qu’aux prémices d’un PRM/CRM (mal qualifié de surcroît la plupart du temps) quand il faudrait passer à des outils plus holistiques connectant le plus grand nombre de sources de données client, maîtrisées ou non par la marque (Data Management Platform). Allez voir ce que propose Advalo, partenaire de The LINKS par exemple.


Hérités de la révolution industrielle, l’expérience client standardisée et le marketing interruptif sont morts, ensemble. Le règne de la pression publicitaire corrélant l’adhérence d’un message à sa répétition fait place à l’intelligence. L’intelligence situationnelle et l’intelligence émotionnelle. Le bon produit et le bon message à la bonne personne et au bon moment se passent de matraquage. Un retour aux sources du commerce, au bon sens. Et c’est paradoxalement la technologie, et l’exploitation raisonnée de son fruit, qui fait traditionnellement plus angoisser que rêver, cette fameuse « data », qui pourrait bien redonner de sens, de la matière et de l’émotion à la relation client, racine du commerce.

Vous n'etes rien

Vous n'êtes rien

Je n'arrive même pas à vous haïr. On ne peut haïr que ce qui existe. Vous n'êtes rien. Vous êtes l'absence. L'absence de culture. L'absence de courage. L'absence de sens. L'absence de tout. Vous n'êtes rien. 

Vous n'êtes pas humains. On le savait. Pas même des bêtes. On le comprend. Des objets ? Comment pourriez-vous appartenir de quelque façon à la création. 
Vous n'êtes rien. 

A la limite, un concept.
Au mieux vous êtes le mal. Et encore. Les sujets qu'il domine. 

Vous qui n'avez ni visage, ni le courage d'affronter ceux que vous désignez comme ennemis. Vous qui tuez des innocents tout en vous suicidant. Vous pensiez être soldats ? Vous n'êtes rien. Vos victimes sont les vrais martyrs. Vous ? Rien. 

Vous rejoignez le néant de la condition à laquelle vous avez toujours appartenu. Vous étiez le vide, vous vous noyez à présent dans les limbes. Vous n'êtes rien. Définitivement, vous n'êtes rien.

Et l'on ne peut avoir peur de rien. Car la nature a horreur du vide. Car le vide, on le remplit. Ça c'est humain. Nous, le vide on le remplit par l'espoir, par l'amour, par la vie. Vous, vous n'êtes rien et nous, nous sommes tout. Vous ne pouvez rien contre nous. 



[Décryptage] Du restaurant à Uber Eats

Avant, la livraison de repas à domicile c'était la solution de secours en mode junk-food.
Maintenant, c'est tendance. Pour se faire un étoilé en pantoufles ou lever des fonds auprès des VC's les plus affûtés. Que s'est-il passé entre temps ?


D'abord une tendance de fond : le "bien manger". Passons rapidement sur la vogue d'émissions diverses et variées consacrant l'art culinaire, des chefs aux amateurs, ses impacts sur le Do It Yourself (DIY) et par extension sur le plaisir de recevoir à domicile. Un virage casanier renforcé par la législation sur l'alcool au volant, et par la crise économique ("cher" est le 1er adjectif évoqué chez les français en 2013 à l'évocation de la restauration, avant "plaisir" et "convivialité").

Mais passé la bave aux lèvres de voir les autres réussir des prouesses gastronomiques, par manque de temps ou de talent, l'épicurien moderne s'adjoint volontiers les services d'un chef à domicile. Même si celui-ci prend la forme d'un robot ménager à 1.000€ pièce comme le Thermomix (420M€ de CA, +15% en 2014, 7M de foyers équipés dans le Monde).

Ensuite, il faut considérer l'autre lame de fond qui se révèle à nous depuis le web : le droit à la différence ! Avant, quand on voulait se lancer dans la livraison c'était souvent dans la pizza. D'autres nous avaient prouvé que le marché était massif (potentiellement tout le monde aime la pizza). Réflexe ancré depuis la révolution industrielle de ne s'intéresser qu'à la masse ayant pour effet une standardisation de l'offre à la limite de l’écœurement. Mais la démocratisation du digital a favorisé la mort du "one size fits all" comme disent les anglo-saxons. La masse n'est plus la norme. Les niches le deviennent. Seth Godin l'expliquait très bien dans We're all weird en 2011 :


Autrefois, même l'envie de se faire un chinois (pub de 2003) pouvait devenir compliquée... Et entre le resto ou Pizza Hut il n'existait rien, si ce n'est les plats préparés. Désormais, l'intermédiation one-to-few et une logistique favorisées par le digital comblent ce vide.

Économiquement et logistiquement il n'était pas simple pour un restaurateur indépendant d'assurer seul un service de livraison. Surtout auprès d'une clientèle non captive. A  l'inverse, les services comme AlloResto, Foodora, Deliveroo, Take Eat Easy, Uber Eats... mutualisent les coûts d'infrastructure par la mise en relation d'un grand nombre de restaurateurs avec une "longue traîne" de clients intéressés que par une assiette ici chez l'un ou l'autre.

La livraison n'est plus un service. C'est le business model. Le chaînon manquant entre deux marchés qui vivaient jusqu'ici côte-à-côte. Ainsi le digital crée une intermédiation plus segmentée. De niche.


ET DEMAIN ?
Pour conclure, quels peuvent en être les enjeux et dommages collatéraux ?

Comme dans la plupart des marchés, les "gros" consommateurs abandonnent rarement un modèle au profit d'un autre, mais utilisent les deux à la fois. Les amateurs de bonnes tables complèteront donc probablement leurs habitudes avec un service de livraison. Ce dernier leur permettant de découvrir d'autres chefs ou au contraire jouir de leur plat préféré directement où ils veulent, mais à d'autres moments de consommation.

A l'inverse, pour les clients plus occasionnels, ce nouveau modèle de restauration (jusqu'ici qualifié de "hors domicile") pourrait les inciter à sacrifier la table au profit de la livraison. Car si un tel service se paie, l'addition risque d'être néanmoins plus light qu'au resto (moins d'extras comme du vin ou du café par exemple, charges d'exploitation différentes : personnel, loyer, etc.).

Mais suivant le principe Schumpeterien, un certain effet volume pourrait ainsi être attendu en compensation pour les restaurateurs : plus d'occasionnels attirés par un rapport qualité/prix plus accessible. Au point peut-être même de redessiner les contours de ce que l'on appellera demain "restaurant". Avec des efforts d'investissement plus en cuisine qu'en salle. Un restaurant dématérialisé en quelque sorte. Avec des chefs à domicile, oui, mais le leur... Et des chefs qui ne construiront plus forcément une carte, cohérente, pour un moment d'osmose assis à leur table, mais un catalogue d'assiettes optimisé par la data recueillie via les plateformes (taux de transfo, nombre de likes, rating/avis conso...).

Destruction créatrice toujours, en tirant sur ce fil, moins de serveurs mais plus de livreurs. Avec des qualifications différentes et une économie du travail déjà engagée sur la voie de la dé-salarisation (Uber > Uber Eats). Des baux commerciaux réduits (surfaces plus petites voire délocalisées) remodelant l'immobilier spécialisé. Une frontière entre restaurateurs et traiteurs plus nuancée ouvrant autant de possibilités de repositionnement marketing aux uns qu'aux autres. Et pourquoi pas des guides gastronomiques notant ces nouveaux "hubs" de restaurants sur leur "méta-carte" plus que les restaurants eux-mêmes ? Dès lors que l'on peut se constituer un repas complet à partir de trois adresses différentes ? Enfin, certains fabricants de packagings et équipementiers de coursiers plus innovants auraient déjà trouvé de nouveaux débouchés... Et la liste est encore longue.

Bon appétit.

[Idées] Serons-nous ce mec du cinquantième étage ?

Ou, la transformation de notre société peut-elle encore souffrir notre politique ?


Nous vivons dans le passé. Quelques-uns tentent d’inventer le futur, certes. Mais l’atmosphère de fin de règne qui nous enveloppe devient asphyxiante à mesure que le fossé se creuse entre les deux camps. Les premiers, pour certains, s’agitent pourtant pour sortir de leur torpeur. La prise de conscience est tardive, soit, mais arrive finalement chez quelques « élites ». 

Au premier rang desquelles les « poumons » de notre société : les entreprises. Elles-mêmes inspirées par le « cerveau », d’intellectuels mieux informés que la moyenne. Mais quel avenir pour des organes avec un système sanguin malade ? Comment un peuple pourrait-il longtemps irriguer le corps de la nation quand il est menacé par un « cœur » - le pouvoir - vieillissant et rabougri, ne sachant plus adapter sa cadence aux efforts nécessaires à l’évitement d’une apoplexie prochaine ? 

Comment l’homme de la rue peut-il seulement avoir conscience des enjeux et des conséquences d’une transformation aussi structurelle et inéluctable de notre société alors qu’il est trop occupé à survivre face à un système caduque dont les garants s’évertuent tantôt à maintenir le fantasme, tantôt à faire oublier la décrépitude ? Du pain et des jeux…

Comment pour notre pays s’assurer de rester dans le match quand le rythme accélère comme jamais et que les règles du jeu changent en cours de partie sans que l’entraîneur ne semble daigner y prêter sérieusement attention, ou pire, en avoir connaissance ?

Changer d’entraîneur peut sembler sage. Mais que faire quand, désarmés, on constate l’inertie d’une alternance dans laquelle on plaçait autrefois fébrilement ses espoirs ? Le réservoir de solutions n’est-il pas tari à sa source ? Tout simplement. Tout effrayant soit ce constat.

Mais un collectif a-t-il encore besoin d’un entraîneur quand tous les candidats au poste lui proposent une variante de tactique là où il attend une vision stratégique et innovante ? La somme de l’intelligence, du sens des responsabilités et des convictions individuelles n’est-elle finalement pas plus efficiente qu’une ascendance supposée dicter seule, ou en conclave, une marche à suivre qui finit toujours par révéler davantage la préservation de ses intérêts à court terme qu’un véritable élan salvateur ?

Beaucoup de questions qui restent à ce jour sans réponse. Mais à force de se contenter de répéter comme le mec qui tombe du cinquantième étage que « jusqu’ici tout va bien, jusque ici tout va bien… »* on se ment jusqu’à se souvenir, mais trop tard, que l’important n’est pas la chute mais l’atterrissage. Alors que l’espoir est encore possible. Car comme l’écrivait Darwin « les espèces qui survivent ne sont ni les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui savent s’adapter ».

* "C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de cinquante étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l'important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage." – personnage d’Hubert Koundé dans La Haine, de Matthieu Kassovitz (1995)



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MILESTONES

Digital Innovation since 1998


background

  • depuis 2005

    Entrepreneur

    Scanblog (2005), Talenco (2012), membre de comités stratégiques, mentoring ou simple "conseil" de startups et toujours en veille de bonnes idées ou porteurs de projets à accompagner.

  • depuis 2000

    Innovateur

    1ère bulle Internet dans le e-voyage (1998) et la VOD (2000), 1ère offre plurimédia radio-TV-Web chez RTL (2001), création du pionnier français en e-réputation (2005), puis d'un leader de l'accompagnement à la transformation digitale (2012). Actuellement Associé en charge de l'innovation chez The LINKS.

  • depuis 1998

    Marketeur

    Depuis l'ESSCA (2000) avec une spécialisation marketing des services et un mémoire sur "l'Impact de la convergence technologique sur les stratégies de l'audiovisuel", j'ai pour fil conducteur de toute ma carrière (direction marketing, de l'innovation, création d'entreprises...) la compréhension du consommateur en tant qu'homme, pour mieux lui être utile.

contributions

  • depuis 2012

    Contributeur

    Sur mes propres blogs (2005) et d'autres médias professionnels (INfluencia, ADN...) ou grand public (Les Grands Ducs, ...) je partage mon regard sur la techno, son impact sur notre société et son approrpiation par l'homme.

  • depuis 2010

    Speaker

    Régulièrement invité à prendre la parole dans des évènements professionnels ou publics (Web2Day, Digital Week, FCE...), ainsi que dans les médias, à propos de l'impact des nouvelles technologies sur le comportement du consommateur puis de la transformation de notre société au ryhtme de l'innovation digitale.

  • depuis 2007

    Formateur

    Lancement du master II spécialisé web-marketing à l'ESSCA. Puis interventions à HEC, Sciences Po., ESG, ISEG, ECS... Je co-crée TalenCo en 2012 (expert de la formation professionnelle à la transformation digitale) pour accompagner les entreprises (Allianz, Crédit Agricole, Danone, FdJ, Orange...) dans leur conduite du changement

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